L'Amphion du Métropolitain

Retour à l'Accueil

 

Parfois la rame s’immobilise entre deux stations
pour réguler le flot humain
qui coule dans les artères du Métropolitain
« Veuillez patienter mesdames
                patienter messieurs
                    pour régulation des rames
                       et des battements de nos cœurs… »

ordonne une voix
qui tente avec nous de reprendre son souffle
et puis – vague fantôme du Transsibérien –
s’ébranle le petit train-train de notre quotidien

Amphion tu aimes aussi les Montagnes Russes de tes lignes aériennes
lorsque ta rame te déloge de terre
comme un mort vivant
pour t’aveugler des rayons du soleil
ou des illuminations du Paris By Nigth


 

             

 

Regarde en sortant de Passy ta belle bergère Ô tour Eiffel et le troupeau des ponts de la Seine qui bêlent ce matin
Regarde les chambres aux battants grands ouverts
montrer le quotidien et ses travers
Regarde dans le cadre de cette fenêtre éclairée
entre Chevaleret et Glacière
Ce visage pendu dans la lumière

Tu récites
J’ai toujours été en route
Je suis en route avec la petite Jeanne de France
Le train fait un saut périlleux et retombe sur toutes ses roues
Le train retombe sur ses roues
Le train retombe toujours sur toutes ses roues

<Vers page 5

Et lorsque tu rencontres
dans un couloir de ton métropolitain
un des derniers Plans Indicateur du réseau parisien
un Plan Lumineux d’Itinéraires
un vieux PILI
                        PILI
aux lignes immuables
mais aux trajets désormais erronés
tu aimes en appuyant sur les boutons des stations
Passy
        Daumesnil
                    Laumière
                              Cambronne
                                            ou Raspail
voir jaillir en couleur ton itinéraire
telles les gerbes d’un feu d’artifice
         
 – Ô la belle verte et rouge
                         Ô la belle jaune et mauve 

que des passagers qui s’attardent
regardent s’allumer au-dessus de ton épaule.

Tu les sais rares ces PILI… PILI…
délaissés dans certains couloirs du réseau
parisien

Bientôt
comme la dernière vespasienne de l’avenue Arago
oubliée devant le mur de la Santé
soldat attardé et encore en faction
après la débâcle
ils ne seront plus visible que dans les stations désaffectées
enterrées à jamais
à Croix-rouge ou Saint-Martin

Vieux PILI
fossiles du Chemin de Fer Métropolitain
dont on peut lire l’avenir entre les lignes de leurs chemins

Amphion que sais-tu des voyages ? 
De la petite Jeanne de France
et de Blaise le fanfaron ?

Tes gares sont à six pieds sous terre
ou bien plus profond
et tes trains ne traversent que des rivages de catacombes
et des paysages de vers luisants
Pour te distraire tu t’inventes des périples d’aventuriers
qui viennent avorter entre les murs
des salles d’attentes des gares parisiennes

Vers page 7>

 large