Esquisses de portraits

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LA FEMME D’INTERIEUR

Elle passe tout l’hiver dans sa tête
Epoussetant le moindre de ses souvenirs
Comme si elle n’avait plus d’avenir
Elle se demande encore si c’est le vent
Ou un incontrôlable inconscient
Qui a guidé ses pas vers la solitude
En vain elle aspire chaque jour
A une autre vie, assise sur son tapis
Elle regarde par la fenêtre
S’envoler les oiseaux : comment font-ils ?
La gravitation la retient encore
Sur cette terre sans plus de rêves
Quand viennent les beaux jours
Il lui arrive parfois de sortir
Pour s’approvisionner en chimères
Remplir son caddy d’émotions
Qu’elle ne trouve plus qu’au cinéma
Elle vit sa vie la nuit en songe
Se réveille à trois heures du matin
Pour constater le silence qui l’entoure
Alors elle repasse les moments les plus forts
Aussi les échecs qu’elle a essuyés
Puis les range dans un tiroir de sa mémoire
Ecoute pour la « n »ième fois ce prélude
En échange de secondes dissonantes
Contre un impossible accord parfait

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LE MELANCOLIQUE

Si sa vie ne tient qu’à un fil
C’est à la ligne d’une portée
Sa clef de voûte en sol mineur
Et ses sous-sols en fa majeur
L’araignée y tisse sa toile
Qu’elle peint d’un arc en ciel
Les oiseaux viennent s’y poser
Comme des croches à l’unisson
Son esprit est toujours gris
Comme le zinc des toits
Et c’est sur celui d’un comptoir
Qu’il vide son verre en solitaire
Dans le tanin du vin
Il y relit son enfance
Comme dans une boule de cristal
Se projette ses errances
Son école buissonnière
Sa liberté retrouvée
Esquisse enfin un sourire
Le ciel redessine son azur
Le vent chasse les nuages
La lumière revenue
Sculpte les reliefs des façades
Et le soleil le réchauffe enfin
Pour continuer son chemin

 

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