Esquisses de portraits

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ESQUISSES DE PORTRAITS

Poèmes et dessins Ayyur

L’ARMATEUR DE MUSIQUE

Comme l’oiseau sur sa branche
Il a marqué son territoire
De préludes et de toccatas
Et par la fenêtre de son antre
Il peut entendre les hirondelles
Les mouches elles-mêmes
Ont élu domicile dans son nid
Du balcon il a vu sur la scène
Des drames qui se jouent
Plus tard, après l’entracte
Du haut de son perchoir
Il pourra apercevoir
Le ballet des chauves-souris
Qui se dirigent à l’ouie
L’hiver la tête à l’envers
L’été le regard pointé vers l’azur
Dans leur arche musical
Bach et Britten l’ont emporté
Pour le sauver du déluge
Des mots qui blessent
Tels une épée dans l’oreille
Et par là même il infiltre
L’onguent suprême
De quinte et sens
Car s’il peut parfois
Transcender l’insoutenable
C’est cette muse ailée
Qui l’envoie tel un oiseau lyre
Entre ciel ether

 

 

 

LE CLOWN BLANC

Il a le teint d’une nuit de pleine lune
Et son rire sonne l’impolitesse d’une détresse
De ses mots se dégage une chaleur moite
Pareil à un ciel nappé d’un voile laiteux
Par lequel ne pourrait percer le soleil
Chahuté par son comparse au nez rouge
Lui si vif aux couleurs de la vie
Qui sait plaire aux petits enfants
Le clown blanc, la larme à l’œil
Se jette souvent du haut des chapiteaux
Dans les chansons réalistes
Et ça fait rire les petits comme les grands
Qui n’aiment pas les perdants
Il voudrait fuir comme un pierrot lunaire
Et faire rêver les enfants de la terre
Mais ses pieds comme sa tête
Sont englués dans un morne quotidien
Et il attend encore cette petite luciole
Qui viendrait se poser dans sa main
Dans un bel abat jour il l’installerait
Pour enfin illuminer ses nuits

 

 

 

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