Esquisses de portraits

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L’ENFANT SAUVAGE

Elle a plongé dans tes yeux noirs
Pareils à des billes de jais
D’une profondeur abyssale
Est tombée dans le puit sans fond
Des danaïdes de la nuit
Elle avait la joie de vivre
Mais la réalité l’a rappelé
Ses rêves se sont envolés
Pour d’autres destins que le sien
Deux manchons sur les bras
Une casquette sur la tête
Et les nébuleuses du ciel
Devenues constellation de chiffres
Les anneaux de Saturne
Des formes géométriques
Lourds comme du plomb
Aux ailes sectionnées de l’ange
Qui ne volera plus
Enfermée dans une cage
Pour y être rentable
Attendant jusqu’au soir
Dans le hasard des rêves
Seront-ils cauchemars ?
Laissez lui ses chimères
C’est sa seule liberté
Chaque tranche de cortex
Découpée au scanner
Est une planète d’un système
Où tout devient possible enfin

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LE PAPILLON DE NUIT

Terne et moins gracieux
Que son cousin de jour
Le papillon de nuit
Virevolte autour des lampadaires
Cherchant toujours la lumière
A chaque instant de sa vie
S’il sait que ses jours sont comptés
Et si sa vie est courte
C’est dans l’intensité
Qu’il veut la vivre
Aveuglé et saoulé
Par tant de beautés
Il se cogne chaque jour
Un peu plus à la réalité
Eveillé quand vous dormez
Caché quand vous vivez
C’est dans l’excitation
Qu’il se sent exister
Il se pose de fleurs en fleurs
Sans jamais s’arrêter
Tel un Don Juan
Qui aime déflorer
Prenez garde à vos fleurs
Qui même voilées
Attirent le papillon

 

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