LIBELLE N° 229 Décembre 2011

TMRetour à l'Accueil

LIBELLE Revue de Poésie dirigée par Michel PRADES
116, rue Pelleport - 75019 PARIS - 01 43 61 52 40 

illustration-decembre2011-2.jpg

G.M. Anon, Philippe Charra, Jean-Michel A. Hatton,
Gérard Laborde, Ysabel Lorans,
Adelina Lenoir Cicaici
, Patrice Maltaverne,
Jules Masson Mourey, 
Alain Méziane,
MCDem
Julien Morroni, Michel Prades, 
Sylvie Reff, Jean-Marc Thévenin.

 Les livres, c'est comme la vie : 
difficiles à finir.

Sylvie Reff
 

LE BAISER 

      Ton écriture se met à l’image de la vie. Tu discutes avec elle. La poésie est-elle une femme avec qui l’on dort ? Est-elle un repas froid et réparateur ? Est-elle un rêve noyé de sommeil ? Est-elle une photo : son négatif et son agrandissement ? Est-elle se raser la lame et le rasoir ? Est-elle un coup de téléphone très long et immobile ? Un démarreur de voiture ? Un dépassement dangereux ? Est-elle belle ? Est-elle ton image qui lit sur le côté un livre de Simone de Beauvoir ? Est-elle partie intégrante de nous ? Est-elle un baiser, un long baiser ? Juste le frôlement des lèvres au contact précis des peaux. Oui, est-elle un baiser, un long baiser d’amant.      

Michel Prades

Au pied d'un arbre. Seul
au milieu de la vaste prairie. Chêne
Centenaire. Impassible. Attendant qu'un poète
ne vienne, comme lui bien des années auparavant,
prendre racine
dans les étoiles.        

Jean-Michel A. Hatton

Ah ! viens 
dans la fraîcheur du foin 
et pose ta lèvre sur mes mains 
enchante ma joue 
sur la terre d'or
tu sentiras
le noble goût
de la naissance
de sublimes sèves.                                                                                       

Adelina Lenoir Cicaici
extraits de « L'or du vent »

Quelques mots ajoutés
le monde en son vacarme
chère âme en des crépis
hanneton rapt en son feuillage
insecte à la porte d’un souffle
problème de son corps
habitant des diastoles de galets
et la systole en sa cage
ces rendez-vous avec les sagaies d’acrobates.                     

Jean-Marc Thévenin

Tu es belle
comme une
pleine lune.                                                                                      

G.M. Anon

       -  Où habite le vent,
Coupable de la chute des fleurs ?                                             

 Gérard Laborde
extrait de « Fleurs de Lune »

 L’AMOUR TOUJOURS 

L’amour rapide ne fait jamais de vagues.
A son réveil brutal
Répondez toujours présents
Même si le passé
Quelquefois nous pèse
Le bonheur attrape la vie
Avec le cœur.                                                                                                   

Patrice Maltaverne

JE CROIS, JE SAIS...

Je crois au pouvoir
Je sais le monde sourd au respect
Je sais.
Je crois aux corps qui se rencontrent
Je sais l'amour hors de ce monde
Je sais.
Je sais, je crois, et puis je ris
Du savoir comme de la croyance
Errance.  

Julien Morroni
extrait de « En vers et contre tous »

      La joue posée sur le versant ensoleillé, le cœur en bandoulière, les pieds au bord du ruisseau, j’écoute sous les charmes ce que murmure ce reste d’univers.
      Comment naissent les libellules, la rosée, l’humus, les armoises et les saponaires.
      Comment un simple rayon traverse feuille, rameau, sève, écorce, fleur, aile, élytre, et devient miel, faisant fondre soudain nos cœurs si longtemps transis.  

Alain Méziane
extrait de « À l’ombre des cimes » 

Aube un nuage qui s’effiloche
Peigne le soleil
L’aile du jour décoiffe le ciel

 MCDem
 

CANTILÈNE DE LA NEIGE 

Il neige ! Il neige !
On dirait qu’une main
patiente et pacifique
disperse tous ces flocons
dans un généreux silence
pour abolir nos laideurs humaines. 

Il neige ! Il neige 
sur la terre moins grise.
Un frôlement d’infini
un bruissement d’éphémères !
Les étonnantes roses somnolent
en leur magnificence figée.
 

Il neige ! Il neige !
Ces délicats baisers voyagent
portés vers les chemins de l’âme.
Dans la nuit aux solitudes bleues
un flocon plus subtil m’envoie
un message d’outre-monde. 

Il neige ! Dire la neige 
dans ses étranges accoutrements.
Avril au cœur de décembre !
Et les vieux arbres jouent
à se donner des airs triomphants
de cerisiers en fleur. 

Il neige sur le chemin
d’un écolier naïf et rêveur
dont le cœur s’amourache trop vite
et qui croit aux légendes dorées.
Il tremble devant la beauté
et frémit aux vents de la vie.
Il neige ! Il neige
tous les trésors du jour
plumes de soie diamants étoiles.

Partout la neige imposera
en son nouveau royaume
l’élégance ineffable du cygne.  

Philippe Charra

 

AIMER ! 

       Un jour, je suis née. Ce jour là depuis le ventre de ma mère, je sais qu’il faisait soleil au dehors, et je sais que l’océan chantait. Je le savais d’avant, d’ailleurs. Oui, je le savais, car j’aime mon père et il me le rend bien. Mon père, vous savez, le géant aux yeux bleus avec ses colliers de fleurs blanches qui s’en vont dessus les eaux célestes quand on levait la tête. En été. Comme maintenant.

       Maintenant que j’écris de Carpentras. Lui, pour écrire il n’avait pas d’autres mains que les nôtres, nous. Ses enfants. Sa création. Alors, écrire c’était un devoir. Prenons-le comme un devoir d’école avec le fastidieux en moins. Car écrire c’est créer, c’est donner au monde notre voir. Et en même temps c’était parler, parler comme les avocats dans les prétoires mais dans le silence des chambres.

       Nos chambres étaient les chambres de sa justice. Une justice qui va lentement comme les eaux de cette petite rivière toute verte et pleine des cheveux longs d’une femme éplorée, la Sorgue. Quand vous vous promenez, sachez que vos regards écrivaient aves lui déjà les mots qu’il nous murmure. Car écrire c’est aimer. Aimer le monde. Aimer les hommes qui nous lisent, nous liront dans l’avenir, aimer les hommes d’avant nous. Aimer !   

 Ysabel  Lorans

 VOLUTES 

C’est une longue fumée blanche aux allures de bois bleu
Qui crépite et qui danse, qui languit et se fond
Dans la gaze immobile du grand ciel silencieux ;
Ce vieux marbre des anges, ce fascinant plafond. 

Ce sont des vignes rousses, pleines d’herbes et de terre.
Le temps les a salies, Octobre les embrase
De son haleine humide, inaudible prière
Que crache une cheminée, au loin, dans de la vase. 

C’est une petite maison de pierre sèche et de bois
Vermoulu et verdit par un lierre sournois ;
Une marmite de bronze y fume depuis cent ans. 

Il y nage sûrement des vapeurs antiques,
Comme les fagots d’antan dans les vieilles boutiques,
L’air y flotte et y brûle comme des cheveux d’enfant.

 Jules Masson Mourey

 Chronique 

DORT EN LIÈVRE de Marie Huot (Poésie) 51 B rue Chartrouse 13200 Arles.  Couverture : dessin de Bessompierre aux Éditions « Le bruit des autres »  15 rue Jean-Baptiste Carpeaux 87 100 Limoges - 2011
D
ormir en lièvre (expression ancienne) : dormir les yeux ouverts… et toujours guetter. Dort en lièvre est constitué d’une suite de trois recueils : Animal, Poisson et lilas et Corsage de guêpe. A travers sa ménagerie intime une femme cherche identité. Sa rage est muette, parfois aussi sa douleur. Elle attend des bêtes qui traversent le livre une force et une parole qui la délivrerait.

EDELWEISS YES de Michel Septours (Poésie) 61 cours Vitton 69006 Lyon aux Éditions  « Poème Épars » 8 rue Pierre Larousse 69 100 Villeurbanne - 2011
Michel Septours, grand pourfendeur devant l’inutile. Avec cette version ultime de ses fleurs maudites et merveilleuses, belles de Savoie, où il vit le jour en 1952. Cet ouvrage glaçant et enchanteur, revigore l’âme et pourvoit nos cœurs de sensations orgasmiques. Corps du poète échoué en terra incognita. Lire ce livre d’un homme ayant dans son crâne une véritable bibliothèque, c’est faire preuve de salubrité publique. Ivan Watelle 

Concours

1 - Poésie & Prose
2 - 29 février 2012
3 - « Portique » Prix Littéraire des Baronnies & du Nyonsais Chris Bernard Le Théron Chemin du Jas 84 110 Puyméras

1 - Poésie & Prose
2 - 29 février 2012
3 - Association « Philémon » 95 Grand rue Saint-Michel 31 400 Toulouse.

1 - Poésie francophones
2 - 1er avril 2012
3 - « L’Arthonnaysienne » 1 rue Jamerai Duval 89 740 Arthonnay

1 - Poésie & Nouvelle
2 - 1er Juin 2012
3 - Association « Amitiés Littéraire du Val d’Orléans » Michel Dorat 924 rue de Melleray 45 560 Saint Denis en Val

1 - Poésie
2 - 25 juin 2012
3 - Association « À Portée de Mots » M.J.C. du Laü 81 avenue du Loup 64 000 Pau

1 -  Genre
2 -  Clôture des inscriptions
3 - Demander le  règlement contre une enveloppe timbrée aux adresses indiquées


 large