LIBELLE - Juillet Août 2011 - N° 225

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LIBELLE Revue de Poésie dirigée par Michel PRADES
116, rue Pelleport - 75019 PARIS - 01 43 61 52 40 

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Nicolas Herlier, Xavier Le Floch, Ghyslaine Leloup,
Adelina Lenoir Cicaici,  Béatrice Libert, Christophe Liponne,
  L.N. Marchand, Jean Mazeaufroid, Maria Salomé Molina López,
Victor Louchart,  Béatrice Machet,
Yannick Masseau,Laurence Matsoukis,
Michel Prades, Bernard Rivet, Bel Sandy.

 Ou la fin
 Du présent
Se gonfle
Pour devenir
L'éternité.
 

 Jean Mazeaufroid


PORTRAIT DE TOUAREG À LA CIGARETTE

Des silencieuses étoiles aux voiles jaunes, bruns, 
Mon élégant touareg !
Je scrute Langoureusement tes mains
Et mon humeur s'élève au-dessus des destins
Dieu que la vie est brève !
J'aiguise alors mes reins et brûle mes instincts
Mon éminent touareg !
De ta toile tu descends tel un ange saisissant
 
Ton regard est hagard 
Tes prunelles si noires
Que je hurle au lointain au désert à ses grains
Puis je touche à ce brin
De cigarette où l'écrin
Délicieux de ton visage apparaît !
Et de tes lèvres où se dessinent
Les paysages souverains qu'à l'amour tu destines
Enfin voilà qu'au loin s'entend
Le doux précieux murmure
Qui, violemment se répand
Comme le rouge torture
Que, d'une prise délicate à jamais tu soulignes !
Des silencieuses étoiles
Aux voiles jaunes, bruns,
Mon intriguant touareg...                                            

Laurence Matsoukis - extrait de  «Toiles de la nuit »

 

Combat d’air et de terre comme des dessins d’architecte,
je prends plaisir à bien former ces lettres noires et explicatives.
Tache noire mêlée d’encre et de nuage entier, je médite.
Qu’un seul trait puisse me venir en aide,
je vais vivre prêt à fondre sur le moindre écart de ta beauté,
intransigeant du moindre geste,
sensible du moindre mot, tu m’aides loin de toute tragédie.
J’écoute et n’essaie pas de voir le temps passer.
J’ai la mélancolie d’écrire.                                                       

Michel Prades

 

Repose-moi dit-elle
la page
alors je te laisserai deviner
le bonheur plein
du tissage
l'accroc toujours réparable
la légèreté
le volume souple
le malléable
le déformable
dans la rigueur de l'entrelacs
le lâcher-prise et l'ascension
le vol en altitude
l'extension de toutes les dimensions
construire est isolé :
mesure
comptage
un lent épelage
Tisser pour relier la dé-mesure
Ainsi le commencement de l'écrit
dans les réseaux du silence
où le souffle s'engage
et dépouille des mortes-peaux
tandis que maille à maille
le scintillement
de la pupille au poignet va et
danse son assouvissement.                                                

Béatrice Machet

 

Je prends dans ma main
Ma plume
Qui aime la douceur.
La bourre
D’une encre
De chine
Qu’elle se soule.
Avec un murmure
Elle se réjouit de ma sérénité.
 Sur la page
Le poème n’est point écrit.
L’aube
Nous vêt
Sa robe blanche.                                                                                                       

Bel Sandy 

 

 

Tout ce sang
Toute cette encre
N’en finiront jamais de scruter
La mer et la nuit
La vie derrière les mots
Les mots derrière la vie
L’horizon du doute et ses embellies d’amour

Mes veines charrient les paroles pourpres
D’un destin qui n’en finit pas de naître.                            

Ghyslaine Leloup - extrait de « Entre l’humus et l’or »

L’AMOUREUSE


Besoin de lui
comme d’un champ
sarclé chaque matin.

Dedans mes jours
il a tout mis
le pain le sel
la levure admirable
l’épice et le jasmin.

Mes mots vont dans sa bouche
caresser l’ineffable
il lève en moi le bleu
qui n’a point de maison.

Sa voix dort dans ma voix
comme une déraison
qu’effeuillerait mon âge.

Et je suis sans chemin
si ne suis son voyage.

 Béatrice Libert - extrait de « Passage et perma nence »

Au sein du vent 
dans les cheveux de la pluie
nous aurons
des pieds invisibles
et des sandales de ciel
pour célébrer l'été
dans un baiser d'épis.                                                         

Adelina Lenoir Cicaici - extraits de « L'or du vent » 

 

Ma façon d’être candide, je peux te l’expliquer.
Ces tannins de moi-même, simples et presque imbéciles,
Ce sont des grappes pleines, exprimées, pas encore vieillies,
Car c’est toi l’élément qui affinera mon arôme. 

Naïf, je le suis, ignare de tes cheveux,
Niais de cette expérience, emmenée par tes lèvres,
Je suis vierge de toutes ces définitions,
Expliquées par tes mains et ta suave éloquence. 

Ces choses que je sais, n’englobe pas le savoir,
Déterminé par la connaissance de ton intimité,
Et donc je ne sais rien, puisqu’ignorant de toi.

Mais ta bouche peut semer en moi l’intelligence,
Et ton être torréfier cette fève que je suis,
Le fût de ton étreinte, faisant fermenter mon âme.           

Nicolas Herlier

 

MILLION

Il faut beaucoup de C€ntim€s pour plaire à Million ! 

Des C€ntim€s pour son château
Des C€ntim€s pour ses autos
Pour les routes et son grand avion
Des C€ntim€s pour ses femmes et ses enfants
Des C€ntim€s pour les bijoux et les vêtements
Des C€ntim€s à la chaine, par paquets ou sur palette
Des C€ntim€s au fond des mines
Des C€ntim€s en haut des cimes 

Million a tous les C€ntim€s qu’il faut pour être heureux,
Mais Million devient vieux... 

Il jette ses C€ntim€s par la fenêtre
Il les sème au gré du vent
Il passe ses C€ntim€s par-dessus bord
Il en brûle au plus froid de l’hiver
Et tousse ses C€ntim€s dans l’atmosphère

 Jusqu’au matin où, Million ne vaut plus un Centime !

 Xavier Le Floch

Le temps vrai est donné par le langage en tant qu'infini des possibles.

Yannick Masseau

 

À espérer ton corps 
Scintillant
J
’aimerais sentir au bord 
Des griffes du vent 
Ton ombre d’or. 

Un soir au matin
Et nos retrouvailles
Jouir du plaisir
Car je ne connais rien
Qui ne vaille
La beauté de ton sourire.                                                                                   

L.N. Marchand -extrait de « Silves »

DANSE

 Comme une jupe
Mouchetée de rouge
Dépliée
Aux volants exubérants ;
La terre
Qui tourne
En un cortège fou
Avec les coquelicots.                             

Maria Salomé Molina López - traduction de l’espagnol par Mélanie Lafonteyn 

Je veux lever le voile
Pour qui baissent les yeux
Ma tête dans les étoiles
Vient esquisser les lieux. 

Le vent frôle mon visage
Sans jamais le lécher
Mon âme aux pays sages
Des paysages rêvés. 

Viens mon doux éphémère
Vers mon poing qui se tend
Je pousse ta porte en fer
Ton paradis si blanc.    

Christophe Liponne 

PASSAGE DE L’ABSENTE 

Passage de l’absente...
Toute vie rassemblée dans le regard qui cherche.
Terre d’eau salée
des îles solitaires.
Ici venu, passager du silence...
Une attente infinie.
Musique au fond des yeux.
Ici venu le temps
le temps venu déborde et lentement s’étale. 
Absente de mes jours,
Tu passes doucement sur le bord de mes lèvres.
Où va ta fugue, où va ton pas ?
Je te cherche et te guette,
loin mais si près, si près
et seule la musique me rapproche de toi. 

Passage du silence...                                                  

Bernard Rivet -extrait de « Vent debout » 

L'ARCHE 

Tout est possible lorsqu'on sait revenir. 
La coque est brisée, il faut s'enfuir !
L'arche met les voiles, on embarque indécis, 
Le temps s'écoule, endormi dans son lit.

L'homme tambourin salue, il a reconnu
Plus loin l'horizon, à perdre la vue !
On oublie tout et on n'espère plus,
Une nuit soudainement la mire s'est tue.

Les yeux grands ouverts, on entend alors,
Là ! Une réponse ! Le silence est d'or.
L'existence finit par tendre ses bras,
L'infini se propage tout autour de soi.

On se souviendra alors
L'avoir déjà vu.
Un été près du lac,
        L'enfant rêvait nu.        

Victor Louchart  

Chronique

 

TROIS VERRES DE THÉ de Kalouaz (Récits) Couverture : Collage de Christine Janvier aux Éditions « Le bruit des autres »  15 rue  Jean-Baptiste Carpeaux 87 100 Limoges - 2011.
Trois textes réunis sous le dicton touareg qui fête les trois thés quotidiens de la tradition : « Le premier est fort comme la vie, le second est bon comme la nuit, le troisième est sucré comme l’amour. » Trois récits : Thé à la menthe, Mère chantez-moi la chanson et J’ai ouvert le journal.

 

PERSONNE NE VIENT PLUS LIBÉRER PARIS PAR LA PORTE D’ORLÉANS de David Nahmias (Poésie) 13, rue Albert Sorel 75 014 Paris. Collection Élan aux Éditions « Bérénice » 11 rue de la Glacière 75 013 Paris - 2010.
Paris est le coffret de pierres des archives de mes pas. Son plan de métro, ma Carte du Tendre. Elle m’invite à chaque nom de rue à retrouver l’adresse oubliée d’un souvenir. Il suffit que je me penche sur l’enlacement de ses artères pour y voir, d’une rive à l’autre, les flashbacks d’un instant perdu qui errait dans ma mémoire en attendant que j’y revienne. Ce recueil est fait de cela.

 

FEUILLE À FEUILLE d’Arlette Dodret (Poésie) Photos de l’auteur. Autoédition - 20 rue des Vanneaux 72 000 Le Mans - 2007
Feuille à feuille est le fruit qui m’importe : « Effeuiller les Mots » un souffle passe et la plume trace les Mots. De Mot en Mot, s‘élève une mélodie qui éveille et transmets un message. Chacun le reçoit ou le perçoit à sa manière. « La poésie est un fruit mûr qui s’égrène en vers »   Dorlat                               

Concours 

1 - Poésie, Peinture, Sculpture, Pièce de Théâtre, Compositions Musicales, Photographie & Paroles de Chansons
2 - 31 décembre 2011
3 - Association « Millen’Arts Défis » Martine Gilhard 6 Avenue de Sierre Bât. 24 - 07 200 Aubenas

1 - Recueil inédit, Poésie, Nouvelles, Contes
2 - Recueil : 31 janvier 2012 Autres sections : 17 mars 2012
3 - « Poésie Vivante » Concours des Apollon d’Or - Le Théron - Chemin du Jas 84 110 Puyméras

1 - Sonnet régulier
2 - 15 avril 2012
3 – « Académie Octaède » J.J. Zunino-Gérard - Résidence Devant-Ville B1 - 13 390 Auriol

 

1 - Genre  
2 - Clôture des inscriptions
 3 - Demander le  règlement contre une enveloppe timbrée aux adresses indiquées


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