Le réfectoire

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Le réfectoire

 

                               

             

 Refectoire 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a douze ans

 

   

 En rang, deux par deux, les sixièmes quittent l’annexe pour aller déjeuner au réfectoire du lycée.

   Là, P. fait la queue en compagnie de ses camarades. Vient son tour d’attraper un plateau américain, aux alvéoles encore chaudes et mouillées, tout juste ressorti de la plonge.

   Première alvéole. La cantinière y déverse une louche de betteraves rouges. Deuxième alvéole, une louche fumante de morceaux de bœuf nerveux, éclaboussés par une sauce blanchâtre. Troisième alvéole: des choux de Bruxelles. Enfin, une orange et un sachet de Petit-Beurre.

   En bout de chaine, P. attrape un verre et des couverts avant d’aller s’asseoir à une table.

   Avec dégoût, il considère son plateau. Distrait, il regarde par la fenêtre du réfectoire. Aperçoit des très grands, sans doute des premières. Leurs visages ont des poils et des boutons. L’un d’entre eux à un cache-col écossais spiralé autour du cou.

   Vient le retour des plateaux à la plonge. Un agglutinement d’élèves. C’est le moment. Il se glisse discrètement dans la file d’attente et balance son plateau encore fumant dans un large bac en acier.

   Après, il s’en va errer dans la cour du lycée. Se promène parmi les très grands.

   Coup de sifflet et retour à l’annexe.

   De 14 à 15, il y a cours de sciences-Nat. P. dissèque une grenouille avec un scalpel. S’y prend mal. La grenouille est en lambeaux.

   15-16, cours d’histoire, il a faim.

   16 heures, récréation.

   16h 15 - 17, cours de français. P. somnole la tête appuyée contre son épaule, il entend à peine madame Jackie parler à toute la classe de l’Iliade et l’Odyssée, des exploits d’Achille sous les remparts de Troie.

   « Ça ne t’intéresse pas, P. ! », hurle madame Jackie.

   A 17 heures, il quitte l’annexe.

   Au coin de la rue Saint-Paul et de la cathédrale, il y a la boulangerie de madame Perret.

   Il s’achète un pudding. Il aime ce gâteau confectionné à partir d’anciennes pâtisseries.

   A 17h 15, il arrive à la gare routière pour prendre le car jaune des « Rapides de Touraine ».

   A 17h 30, l’autocar le dépose au pont de Montlouis. Là, il traverse les Fosses-Bouteilles et regagne la maison de Grand-père et Grand-mère.

(mars 2016)

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