Le Cas Martin Piche au Théâtre Montparnasse

Dsc 0734Le Théâtre Montparnasse nous propose actuellement la rafraîchissante pièce de Jacques Mougenot : Le cas Martin Piche.
Dans le confortable décor d’un cabinet de neuropsychiatre deux personnages se font face : le thérapeute et monsieur Piche.

Dans les rêves de tous les praticiens des divers milieux médicaux, existe surement l’espoir de tomber, parmi tous les patients qui défilent dans leur salle d’attente puis dans leur cabinet de consultation, sur un cas. Un cas d’école voire Le Cas ! Pour le neuropsychiatre lacanien de notre pièce, il lui faudrait quelque chose qui le sorte des dépressions pour deuil amoureux ou pas, des tendances suicidaires à petit feu ou à saut à l’élastique, d’œdipe refoulé ou parfaitement admis dans le milieu familial, un cas qui dépasserait l’entendement. Un cas qui le sortirait enfin de l’ennui de son métier.
Ce cas, c’est justement ce soir où nous assistons à sa séance de consultation au Théâtre Montparnasse qu’il peut enfin
l’espérer.

Au premier abord lorsque pénètre Martin Piche dans le cabinet du docteur, on ne suspecte, depuis notre fauteuil de spectateur, dans le comportement de ce patient qu’un léger trouble autistique : hésitant entre deux chaises lorsqu’on lui demande de s’assoir ; incapable de savoir s’il doit ou non garder son imperméable pendant la séance ; prenant les mots au pied de la lettre (– Alors monsieur Piche, qu’est-ce qui vous amène ? – C’est ma femme qui m’a déposé en voiture…). Rien de vraiment extraordinaire, rien qui n’amènerai un docteur à écrire le premier feuillet d’une longue thèse sur sPicheon cas. Mais très vite on comprend que le mal (qui n’en est pas un pour lui) de Martin Piche est l’ennui, un ennui sans demi-mesure, un ennui totalement permanent, un ennui aussi présent que l’air qu’on respire et que rien ne vient raréfier. Monsieur Piche s’ennuie de tout, partout, à toute heure et avec tout le monde sans en souffrir vraiment. Difficile pour un docteur lacanien de trouver un remède immédiat à ce cas peu banal, mais l’important est qu’enfin il a trouvé son cas. Il en frétille sur son siège, et de questionnement en questionnement il découvre l’immense démesure du sujet qu’il a devant lui. Il irait jusqu’à déterrer Sigmund Freud pour lui présenter ce patient hors norme.

Par chance notre docteur a pour coutume d’enregistrer la litanie de ses patients et de ce fait possède là de la matière pour une longue thèse sur un nouveau syndrome jusque-là inconnu, un syndrome qui porterait son nom.

Mais attendons plutôt les cinq dernières minutes de cette pièce pour connaître la véritable postérité qu’aura le Cas Martin Piche.

Un dénouement riche en surprise.

Sur scène, nos deux acteurs Jacques Mougenot (Martin Piche) et Hervé Devolder (le docteur), ne figurant pas sur la liste des ministres d’Emmanuel Macron, s’offrent le plaisir de cumuler les emplois, le premier se trouvant être également l’auteur de la pièce, le second son metteur en scène.

Une bien agréable séance de spectacle. Vous en sortirez l’esprit bien plus léger que si vous veniez de terminer une heure d’analyse chez votre propre praticien, dont vous être peut-être le cas.   

  
David Nahmias (5/2017)

Photos Pauline Marbot

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Le cas martin piche

Théâtre Montparnasse

Avec Jacques MOUGENOT, Hervé DEVOLDER

Texte : Jacques MOUGENOT
Mise en scène : Hervé DEVOLDER
Lumières: Denis KORANSKY
Assistante à la mise en scène: Pauline MARBOT

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